28 mars 2017

Le véhicule autonome est sur la bonne voie !

Le véhicule autonome est en route, et il semblerait qu’il n’y ait pas grand chose qui soit capable d’arrêter sa marche. On avait imaginé l’été dernier l’itinéraire d’un City-Breaker dans un monde de véhicules autonomes : la façon dont chacun pourrait utiliser des taxis automatiques et accéder à du contenu pertinent lors de ses séjours en ville. Trois mois après cet exercice de style, les choses avancent toujours aussi vite. Il est plus que temps de faire une synthèse des derniers progrès sur le sujet !

La voiture autonome ? Déjà une réalité en Europe et au Japon

Tout d’abord, la pratique. Car oui, la voiture autonome est déjà en place dans différentes parties du globe. Au delà des tests assumés de Google et de Uber, plusieurs services sont déjà opérationnels de par le monde.

ETFS - 201510 - Autonomous Car RobotTaxi

Direction le Japon pour commencer. Le pays est souvent précurseur en matière d’automatisation, il n’est pas en reste sur ce secteur. Le Japon a en effet vu la mise en place d’un test d’une première solution de taxis automatiques dans la préfecture de Kanagawa. L’expérience est récente et uniquement utilisée comme test, mais mérite d’être signalée et d’être mise en perspective. L’intermodalité est en train de changer de visage et les transports automatiques en gare et en aéroport peuvent changer la donne dans le déplacement des touristes. Comme on l’a déjà évoqué, on se dirige vers l’émergence d’un transport de masse individualisé dans lequel un parc automobile automatique pourra optimiser le parcours de plusieurs clients en même temps.
Vous êtes plusieurs à partager le même vol et le même hôtel ? Un taxi-robot peut très bien vous proposer – ou imposer – le covoiturage. Et ce, sans qu’il soit nécessaire de se connecter à un quelconque réseau social ou d’entrer des informations de voyage. Une synchronisation Amadeus-Sabre-Uber peut y suffire…

ETFS - 201510 - Autonomous Car Navia

Retour dans le présent du côté des loisirs. A côté des taxis robots japonais, la navette Navya est déjà opérationnelle en Europe. Sorte de minibus d’une dizaine de places, elle est pour l’instant développée dans une optique de loisirs et propose des visites guidées du parc de Greenwich à Londres ou des abords de la Rochelle. L’expérience se limite aujourd’hui à quelques sites touristiques, le plus souvent en site propre, mais à terme en se dirige vers un transport urbain de masse, ou au remplacement des Cityvisions et autre Double-deck parisiens par des systèmes autonomes et préprogrammés. Les guides de voyage robot arrivent !

Pour diverger légèrement, on peut également revenir sur la proposition de contenu embarqué dans les véhicules autonomes, à des fins commerciales ou d’information. Une plateforme comme Waze propose déjà de la pub géolocalisée sur son GPS. Des plateformes comme Ad-Lap, récemment lancées à Paris, vont plus loin en proposant des formats publicitaires larges affichés sur les tablettes des VTC en fonction du trajet de ceux-ci.
Consommation de contenu géolocalisé et ciblé en déplacement, on n’est pas loin du but !

Comment Tesla prépare – concrètement – le futur ?

Mais les avancées les plus bluffantes viennent de la technologies centrales qui alimentera les véhicules autonomes. Les expériences concernent jusqu’ici des trajets en site restreint, presque en terrain connu. Le vrai défi sera l’autonomie à long rayon, quelle que soit la destination.

ETFS - 201510 - Autonomous Car Tesla 2

C’est à cela que travaille actuellement Tesla. Le fabricant de voitures électriques américain vient de communiquer une mise à jour du système d’information de ses véhicules. La fonctionnalité la plus intéressante de celle-ci est un traceur, embarqué sur l’ensemble des véhicules de la marque, et chargé de cartographier les trajets effectués. On parle des distances et de la qualité des routes bien entendu, mais également de la vitesse du véhicule et de son comportement (accélération, freinage, changement de voie…). Avec ces informations, Tesla peut non seulement cartographier la planète au fur et à mesure des déplacements de ses chauffeurs, mais également évaluer les conditions de circulation et le trafic à différents moments de la journée. Voire estimer un changement global de comportement des chauffeurs sur un trajet ou une ville donnée.
L’ensemble des informations ainsi reçu permettra aux futures Tesla autonome de choisir leur itinéraire le plus efficace en fonction des conditions réelles de circulation. Et on imagine bien qu’une fois le parc de voitures autonomes en place, celui-ci apprendra par lui-même la façon dont il faudra circuler sur différents axes !

Une cadre juridique qui évolue doucement

En fait, le dernier frein à la démocratisation des véhicules autonomes n’est pas du tout technologique. Comme on le voit, la technologie évolue extrêmement vite. Il reste bien entendu quelques questions technologiques liées à la sécurité à régler. Un groupe de hacker avait réaliser l’exploit retentissant de hacker la Jeep d’un journaliste aux USA au printemps dernier. La question du piratage n’est pas – encore – résolue. Mais en fait, la plus grande contrainte de l’automobile autonome est plutôt question d’usages et de droit.

ETFS - 201510 - Autonomous Car Jeep

Concernant l’usage, il faudra concrètement attendre que les premiers « parcs » soient disponibles au plus grand monde pour savoir si la mayonnaise prend. Il est certain que la génération qui a grandit avec l’automobile comme totem d’ascension sociale – les 40 ans et plus – aura du mal à céder aux sirènes de l’autonomie. Les adultes de 25 à 35 ans sont actuellement en train de se détacher de la possession automobile et d’adopter BlaBlaCar et Uber. Ils seront les premiers candidats sérieux au tout autonome. L’adoption se fera naturellement pour les générations suivantes.

Le cadre légal aura lui plus de mal à s’unifier et à évoluer. Sauf… si la première réponse vient des constructeurs. Volvo a déjà annoncé qu’il était prêt à assumer entièrement sa responsabilité de constructeurs en cas d’accident causé par une voiture autonome. Différents constructeurs allemands ont emboîté le pas à ses déclaration, avec des positions en grande partie similaires.
Différentes villes – Austin au Texas, ou Cincinnati – et états américains ont également donné leur feu vert à la circulation de voitures autonomes. L’industrie fait donc son chemin – légalement – aux Etats-Unis. Gageons que l’Europe va suivre en soutien aux constructeurs locaux. L’invasion des véhicules autonomes, c’est réellement pour bientôt !

A propos François Houste 418 Articles
Ange Gardien Numérique Ancien journaliste et chef de produit en hébergement digital. Aujourd'hui Directeur Conseil au sein d'une agence marketing. François travaille avec ses clients à mieux appréhender la révolution numérique et son impact sur le quotidien. Technophile, enthousiaste, nourri de web, de fun et de musique.
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